Un crochet par Berlin, 50 ans après

P1080112eRécemment j’ai eu l’occasion de faire un tour à Berlin, et donc l’occasion de me rendre sur les lieux que j’avais dessinés pour l’album Tunnel 57, un demi-siècle après les événements réels qui ont servi d’inspiration à notre histoire.
Sans verser dans l' »ost-algie » au point d’emprunter une « Trabi » (comme sur la photo ci-dessus !), je vous propose un petit tour photographique des lieux ou objets de Tunnel 57, 50 ans après…

A l’Ouest, sur le Kurfürstendamm, j’ai vu la bouche de métro éponyme et l’ancien café Kranzler, institution de cette partie de la ville (voir pages 9-10 de Tunnel 57). En fait de café et de lieu de convivialité, il s’agit maintenant d’une galerie marchande : illustration cruelle de notre époque contemporaine…

Direction l’Est et la fameuse Bernauer Strasse, la rue dans laquelle se déroule l’essentiel de l’album. Dans cette rue la frontière longeait le trottoir, et dans les premières années de la construction du Mur (de 1961 à environ 1965) les bâtiments du côté Est furent évacués et utilisés comme frontière physique, toutes fenêtres murées. Un mur discontinu de briques puis de béton « comblait » les trous au niveau des croisements des rues perpendiculaires. C’est cette époque qui est représentée dans l’album, puisque les événements se déroulent sur la période 1963-1964. Quelques années plus tard, les bâtiments du côté Est furent eux-mêmes rasés.
Dans cette Bernauer Strasse eut lieu un grand nombre de tentatives d’évasion par tunnel. On nommait les tunnels par le nombre de personnes qui purent les emprunter pour passer à l’Ouest. Les plus célèbres (et les plus couronnés de succès) furent le tunnel 57 et le tunnel 29. L’histoire que l’on raconte dans l’album Tunnel 57 se base principalement sur l’emplacement et les événements du véritable tunnel 57, mais inclut également des éléments du tunnel 29.

De nos jours, sur une grande partie de la rue, un mémorial à ciel ouvert a été édifié : le tracé historique du Mur est représenté par une série de poteaux métalliques, qui permettent de visualiser l’ancienne partition.

Voici le croisement avec la Brunnenstrasse. A cet endroit il y avait et il y a toujours la station de métro (« U-Bahn »), dont l’entrée se trouva en pleine « zone de la mort » une fois le mur construit, et dont l’enseigne désaffectée dépassait ironiquement par-dessus le mur. On l’aperçoit page 4 de l’album, dans la deuxième case.

Un peu plus loin, nous voici au croisement principal de l’album, entre la Bernauer Strasse et la Strelitzer Strasse. C’est ce croisement que l’on peut voir en vue aérienne page 30 de l’album, ou encore page 20 dans une perspective comparable à celle des photos ci-dessous.

Et là, au sol, on trouve (parmi d’autres) le tracé du véritable tunnel 57 ! Représenté par des plaques métalliques au sol, le tracé forme comme un chemin…

Ce chemin passe sous ces immeubles de la Strelitzer Strasse, qui sont les mêmes qu’en 1964… Et l’on retrouve deux pas plus loin le numéro 55 de la Strelitzer Strasse, dans la cour duquel le tunnel débouchait : même si la porte a changé, les lieux sont très reconnaissables (pages 32-33 de l’album par exemple)…

Revenons dans la Bernauer Strasse et descendons un peu plus loin encore, au croisement avec Ackerstrasse. C’est à ce croisement que l’album s’ouvre et se ferme. Dans le prolongement le mémorial a conservé une portion du Mur tel qu’il était peu de temps avant son effondrement, plus imposant, équipé et rationnel que le Mur des premières années, un Mur sous lequel il devint tout à fait impossible de tenter de s’évader…

Quittons à présent la Bernauer Strasse, et allons dans un autre quartier, à l’emplacement du fameux Check-Point Charlie, pour un dernier arrêt.
Au Mauer Museum situé à deux pas, une salle d’exposition est dédiée au tunnel 57. Et là, chose incroyable, se trouvent conservés deux objets uniques en leur genre : le chariot qui a servi à transporter la terre le long du boyau, et la planche (LA planche !!) sur laquelle les gens descendaient dans le puits (ou en remontaient).
Je crois n’avoir jamais été autant ému devant un bout de bois…

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